Je laisse peu de place au hasard, tu le sais si tu me connais.

Les phrases du type "moi j'ai essayé donc je sais" ou "d'après mon expérience perso..." me font doucement sourire.

Dite de cette manière, je suis conscient que cette approche peut paraître fermée et autoritaire.

Elle semble renvoyer l'image du type qui se moque de l'opinion d'autrui, voire même qui la banalise et la rejète d'un air suffisant.

Mais il ne s'agit pas de ça. Loin de là.

L'idée n'est pas de rejeter l'expérience personnelle mais plutôt de ne pas en faire LE fondement de la réflexion.

A contrario, je crois que l'expérience (perso) devrait être la finalité de la réflexion, pas sa base. Elle permet, plus ou moins précisément, de définir si des points fondamentaux s'appliquent à nous et à quel point ils nous sont applicables.

C'est pourquoi je préfère adopter un autre processus de réflexion plus moderne qui est la pratique basée sur les évidences.

Le modèle EBP (evidence-based practice) est un modèle plutôt pyramidal qui pose comme fondement le contenu des études scientifiques (figure ci-dessous).



En voyant ce processus pyramidal, tu le devines, la formation ne peut satisfaire que le critère n°1.

En effet, le deuxième critère dépend du/de la client.e. Donc next. Le troisième critère c'est toi donc ici aussi, next.

Je ne peux satisfaire que le premier critère et heureusement pour moi qu'il est le fondement de ce processus ! 

En fait, je dis "heureusement pour moi" mais non, pas seulement. 

Heureusement pour toi aussi ! 

En effet, ce critère n°1 est "objectif", il représente le socle des connaissances disponibles à travers la littérature scientifique.

Et ce socle est disponible pour tout le monde, à condition de savoir lire l'anglais et de savoir décripter les codes scientifiques.

Si tu souhaites apprendre à le faire, j'ai fait deux formations à ces sujets :


Ce socle commun est synonyme d'égalité entre ceux et celles qui souhaitent fonder leurs connaissances sur des données scientifiques. Ton/ta voisin.e n'est pas avantagé.e par rapport à toi, les données disponibles sont les mêmes pour tou.te.s !

Cette prémisse acceptée, voici donc la stratégie que j'ai pu adopter tout du long de la construction de cette formation.

Si tu me suis sur Instagram (@mathias_soulhol), tu as probablement vu passer cette image :



Il s'agit tout simplement de l'évaluation de la qualité méthodologique des revues systématiques de littérature (RSL) dont je dispose pour discuter de l'efficacité réelle des principales méthodes de récupération.

Oui, j'en ai évalué 22 et 1 seule ressort comme étant de bonne qualité. On verra ce que ça peut impacter dans notre prise de décision vis-à-vis d'une méthode ou d'une autre.

Si tu veux apprendre à évaluer une RSL, c'est ici que ça se passe.

C'était la première étape.

La seconde est plus simple : prendre le meilleur.

Maintenant que je connais les scores de qualité des RSL, je choisis les meilleurs niveaux de preuve disponibles pour me forger un avis le moins biaisé possible.

Si le niveau de preuve dont je dispose est au minima modéré, alors je peux directement forger mon opinion sur la publication disponible.

Si le niveau de preuve est faible voire critique ou alors qu'il y a une absence de cohérence entre les publications, alors j'ai opté pour une méthode simple : chercher moi-même les études les plus récentes et fiables méthodologiquement, les commenter et les comparer aux autres données.

Dit autrement, les résultats de ces études sont-ils cohérents par rapport à ceux des RSL disponibles ?

Toutes ces étapes ont un unique objectif : vérifier si la méthode semble efficace ou non.

En réalité, la base de ma stratégie est à l'image de ce que nous disait déjà Bernard de Fontenelle en 1686 "Assurons-nous bien du fait avant de nous inquiéter de la cause."

Je ne vais te partager de potentiels mécanismes physiologiques si et seulement si l'effet est avéré.

A quoi bon partir dans des explications complexes pour un effet qui ne semble pas avoir lieu ? 

Exemple (spoil) : pourquoi vouloir expliquer un mécanisme d'action des étirements statiques sur les courbatures alors que ces derniers n'ont aucun effet sur ces courbatures ? 

Cela n'a aucun sens.

Puis pour finir, si certaines méthodes se révélaient réellement efficaces, alors il me paraît intéressant de comprendre pourquoi elles le sont et comment les employer en pratique !

En résumé, voici en gros les étapes par lesquelles je suis passé :

  1. évaluation des RSL disponibles ;

  2. extraction des meilleures ;

  3. évaluation de l'efficacité de la méthode ;

  4. explication des mécanismes sous-jacents ;

  5. recommandations pratiques.


C'est une stratégie qui me semble envisageable pour un grand nombre de sujets et, à mon avis, il serait préférable de l'adopter systématiquement.

Cela ferait un tri non-négligeable dans les données que nous faisons rentrer dans nos cerveaux, ahah !

Bon visionnage !